Le bonheur
(Extrait les stances de la loi)
Quel bonheur pour nous de vivre sans haine au milieu des haineux,
d'être sans haine, au milieu des hommes haineux !
Quel bonheur pour nous de vivre sans maladie au milieu des malades,
de ne pas être malade au milieu des hommes malades !
Quel bonheur pour nous de vivre sans angoisse au milieu des anxieux,
de ne pas être anxieux au milieu des hommes anxieux.
Quel bonheur pour nous de vivre au nombre de ceux qui n'ont rien :
nous serons tels des dieux Äbhassara, nourris de joie !
Vainqueur on récolte la haine,
vaincu on est malheureux.
Abandonne-t-on victoire et défaite,
et, apaisé,
l'on est heureux.
Un feu comme la passion : il n'y en a point.
Un mauvais coup comme la haine : il n'y en a point.
Une douleur comme les agrégats : il n'y en a point.
Un bonheur égal à la paix : il n'y en a point.
La faim est la passion suprême,
les confections sont la douleur suprême.
Quand on le sait effectivement,
L'Extinction est le bonheur suprême.
La santé, voilà le profil suprême,
le contentement, voilà la richesse suprême,
la confiance, voilà la relation de parenté suprême,
L'Extinction, voilà le bonheur suprême.
Une fois goûté le suc de la solitude et de la tranquillité,
on se trouve sans peur ni péché,
goûtant la joie de la Loi.
Salutaire est la vue des Arya,
leur compagnie est toujours un bonheur,
à ne point voir de sots ne serait-on pas constamment heureux ?
De fait,
aller avec les sots procure du souci pour longtemps;
la compagnie des sots est en tout point
aussi malheureuse que celle d'un ennemi.
Au contraire la compagnie des hommes avisés
est aussi heureuse qu'une réunion de famille.
C'est pourquoi,
L'homme ferme,
sage,
versé dans les Ecritures,
endurant,
constant dans ses devoirs,
noble,
lui qui est tel,
excellent,
avisé,
suivez-le comme l'astre lunaire le chemin des constellations
Dhammapada